L’alcool et les drogues, on s’informe !

Les jeunes d’aujourd’hui sont, tôt ou tard, amenés à faire des choix à l’égard de l’alcool et des autres drogues. Ce questionnement, tout comme celui qu’ils ont par rapport à leur sexualité ou à leur orientation scolaire, constitue, la plupart du temps, une étape du développement normal des adolescents. Par conséquent, la consommation d’alcool et d’autres drogues constitue souvent un phénomène occasionnel et passager, même si l’attrait et la curiosité pour ces substances peuvent se prolonger parfois plus longtemps.

En tant que parent, nous avons à nous interroger sur la réalité de la drogue et le rôle que nous pouvons jouer auprès de nos enfants à ce sujet. Souvent, nos interrogations seront passagères et nos préoccupations, rapidement soulagées. Cependant, s’il nous apparaît évident que notre enfant consomme de l’alcool ou d’autres drogues, nous pouvons nous sentir mal informés et plutôt impuissants. Alors que nous devrions parler d’alcool et des autres drogues avec notre enfant, nous ne savons pas toujours comment aborder le sujet. Devons-nous être fermes et autoritaires, adopter un ton plus « ouvert », compréhensif et amical, ou encore trouver un équilibre entre ces deux extrêmes? Nous pouvons craindre, tout comme notre jeune, la réaction que provoquera chez l’autre le fait d’aborder le sujet de l’alcool et des autres drogues.

Dans son développement, le jeune a besoin d’amour, d’ouverture et de compréhension, certes, mais il éprouve aussi le besoin de défier l’autorité afin de faire l’apprentissage de la discipline et du contrôle de soi.

Son attitude par rapport à la drogue

L’enfant a souvent, à la maison, ses premiers contacts avec la cigarette, la bière, le vin, etc. Puis, à l’école primaire et surtout au secondaire, il est témoin de comportements adoptés par les plus vieux, comme la consommation d’alcool et d’autres drogues. L’adolescence est une période au cours de laquelle le jeune est particulièrement sensible à la pression du groupe, et un groupe où il y a consommation d’alcool et d’autres drogues va souvent tenter d’amener ses membres à en consommer. Une certaine crainte, parfois mêlée de curiosité, sera souvent sa première réaction lorsqu’il entendra parler d’alcool et d’autres drogues.

Les motivations qui peuvent amener un jeune à consommer de l’alcool ou d’autres drogues sont très diverses :

  • Avoir du plaisir;
  • Faire comme tout le monde, épater ses amis;
  • Faire de nouvelles expériences;
  • Défier l’autorité, provoquer les adultes;
  • Tromper son ennui, se défouler;
  • Imiter les adultes (par exemple, au cours d’un  « party » avec alcool);
  • Combattre sa timidité, etc.

Prévenir… dès l’enfance

Alors que le questionnement sur l’alcool et les autres drogues et leur expérimentation sont plus courants au cours de l’adolescence, il peut arriver que des enfants du primaire vivent des situations où ils sont encouragés à « essayer » différents produits. Ces invitations souvent lancées par des plus vieux, surviennent parfois avant même qu’un enfant soit en mesure de vraiment comprendre les risques associés à la consommation d’alcool et d’autres drogues.

Nous aidons notre enfant, dès son plus jeune âge, à affronter toutes sortes de situations. Adolescent, les situations dans lesquelles il se retrouve sont différentes, mais il a encore besoin de ses parents pour l’aider à y voir clair.

Avant même que ne se présente un problème d’alcool ou d’autres drogues, nous, parents, pouvons adopter certaines attitudes qui permettront à notre adolescent de faire des choix éclairés.

  • L’encourager à s’exprimer, à dire ce qu’il pense : lui apprendre à dire « non » quand il le faut.
  • Le placer en situation de faire des choix : lui permettre d’acheter ses vêtements, de gérer son argent de fin de semaine, etc.
  • Lui enseigner à supporter les contrariétés, à attendre pour obtenir ce qu’il veut, à se passer de certaines choses importantes pour lui, à accepter de se faire dire « non » quelquefois.
  • L’aider à développer son jugement en lui demandant son opinion sur les événements et en lui faisant critiquer ce qui l’entoure : les annonces publicitaires, les spectacles, etc.
  • Lui apprendre à régler ses problèmes : l’aider à envisager des solutions à ses difficultés, à choisir celle qui lui semble la meilleure et à l’appliquer.
  • Lui dire quelles sont ses qualités et l’encourager à les développer; le soutenir dans ses efforts, souligner ses succès pour que sa confiance en lui augmente.
  • L’aider à adopter de saines habitudes de vie par rapport à l’alimentation, au sommeil, à la détente, à l’activité physique, etc.
  • L’aider à s’organiser des loisirs dans lesquels il se sent bien.
  • Plutôt que de chercher à lui faire peur, lui fournir des renseignements pertinents sur l’alcool et les autres drogues, et être à l’écoute de ce qu’il peut vivre et entendre à ce sujet.
  • Lui donner une information objective, sinon il risque de ne pas nous croire.

Le rôle de parent d’adolescent peut finalement se résumer ainsi : être à l’écoute de ce qu’il vit, garder un bon contact avec lui quoi qu’il fasse, partager nos joies et nos inquiétudes à son sujet, nous montrer ouvert aux problèmes qu’il éprouve et lui faire part de ce qui est important pour nous, de nos valeurs, même s’il semble parfois les ridiculiser.

La période de l’adolescence ne se passera pas sans heurts. Quand l’adolescent fera des erreurs, ce sera le moment de l’aider à en tirer des leçons positives. Il est important de constamment nous rappeler qu’en notre qualité de parent, nous n’avons pas le même rôle à jouer auprès de notre enfant et que nous n’entretenons pas avec lui les mêmes relations que ses amis. Même s’il ne l’exprime pas ouvertement, l’adolescent sera reconnaissant que son père ou sa mère se montre juste et raisonnable à son égard. Il sait qu’un tel comportement est une démonstration de l’amour qu’il lui porte. Les parents doivent aussi fixer des limites pour aider l’adolescent à affronter des frustrations et à savoir dire « non », dans certaines circonstances.

Questions et réponses sur la drogue

Q. Quelles sont les conséquences de la consommation abusive de drogues?

R. Une consommation abusive d’alcool ou d’une autre drogue à plus ou moins long terme peut causer une dépendance physique et psychologique. Une consommation abusive peut aussi conduire à plusieurs autres problèmes, comme le décrochage scolaire, la perte d’un emploi, la délinquance, la prostitution, le vol, la violence ou l’itinérance.

Si vous désirez évaluer la situation de votre jeune, vous pouvez communiquer avec Uniatox pour un rendez-vous avec vous et votre adolescent.

Q. Y a-t-il une relation entre l’abus d’alcool ou d’autres drogues et le suicide chez les jeunes?

R. De façon générale, on doit comprendre que l’abus d’alcool et d’autres drogues, tout comme les idées suicidaires, sont deux signes de détresse que vit un jeune. On ne peut faire systématiquement de lien entre la consommation d’alcool et de drogue et le risque de suicide. Lorsque l’abus de certaines substances est jumelé à d’autres facteurs de risque (problèmes scolaires, sévices sexuels, violence familiale, perte d’amis, conflits avec d’autres jeunes, isolement social, épisode dépressif, etc.), on doit être vigilant quant aux comportements suicidaires chez les jeunes. Il ne faut pas considérer l’effet de chaque facteur pris isolément, mais plutôt leur effet d’ensemble. Les recherches démontrent que la plupart des comportements déviants ne surviennent que s’il y a présence simultanée de multiples facteurs de risque. Si un parent soupçonne que son enfant pense au suicide, il ne doit pas hésiter à en parler avec lui et à demander du soutien des services appropriés : Centre de santé et de services sociaux (CLSC, Centre de prévention du suicide (1 866 APPELLE).

Q. Qu’est-ce que le « calage »?

R. Le « calage », c’est l’action de boire une grande quantité d’alcool en très peu de temps. On retrouve ce genre d’activité dans les regroupements de jeunes où boire beaucoup d’alcool représente une épreuve ou un défi.

Le « calage » peut provoquer une intoxication très grave qui est dangereuse pour la santé et qui peut même entraîner la mort. Si votre jeune présente une absence de réactions, une perte de conscience, des difficultés respiratoires, un pouls faible ou des vomissements répétés après avoir consommé des boissons alcoolisées ou d’autres drogues, composez sans hésiter le 911.

Dans le doute sur la gravité de l’intoxication d’une personne, ne la laissez jamais seule. Communiquez avec le service Info-Santé de votre région ou avec le Centre antipoison (1 800 463-5060) : une personne compétente saura vous conseiller sur la nécessité de recourir à une assistance médicale.

Q. Peut-on associer la consommation de drogues et la participation à des jeux de hasard et d’argent chez les jeunes ?

R. L’adolescence est une période au cours de laquelle de nombreuses premières expériences sont tentées, et les jeunes semblent particulièrement attirés par l’expérimentation de certains comportements tels que la consommation d’alcool et de drogues ou la participation à des jeux de hasard et d’argent.

Des études récentes montrent que les jeunes sont nombreux et commencent tôt à s’adonner aux jeux de hasard et d’argent. Dès la première année du secondaire, le tiers des élèves a déjà participé à ce type de jeu, et cette participation augmente avec le niveau scolaire. Les jeux les plus populaires chez les jeunes sont les loteries instantanées, les jeux de cartes et les paris sportifs, mais aussi le bingo. Toutefois, bien que ce comportement demeure répandu à l’adolescence, la grande majorité des jeunes ne développera pas pour autant des problèmes de jeu, et ce comportement disparaîtra avec le temps. Pour certains jeunes, cependant, les jeux peuvent occuper une part plus importante de leur vie et entraîner des comportements délinquants et la prise de risques inutiles. Il semble que plus la personne commence à jouer précocement, plus elle risque de développer un problème de jeu; ces personnes ont aussi une plus forte tendance à adopter des conduites à risque, notamment en ce qui a trait à la consommation d’alcool ou d’autres drogues et de tabac.

 

Par ailleurs, la majorité des élèves du secondaire ne considèrent pas la participation à des jeux de hasard et d’argent comme une conduite à risque. Il en est de même pour les parents des élèves de ce niveau qui, dans une proportion notable, offrent en cadeau à leurs enfants des produits de loterie. De nombreux travaux sont en cours, mais on connaît encore mal l’importance des problèmes de jeu chez les jeunes ainsi que l’influence des habitudes de jeu familiales sur le développement de ces problèmes. Ainsi ressort l’importance de continuer à recueillir des données sur ce problème.